Nos actions dans ce pays

En agriculture au Népal

Enjeu - Agriculture et développement rural

L'agriculture comme mode de subsistance

Récit de partenaire

FECOFUN : Forêt et sécurité alimentaire au Népal

Partenaires

Partage de l’expérience canadienne en certification FSC avec le Népal

Par Susan Mulkey, gestionnaire de la sensibilisation et des communications, BC Community Forest Association

Susan Mulkey
Tous les pays qui ont des forêts possèdent un secteur de la foresterie communautaire. Il s’agit d’un système qui reconnaît que les forêts locales servent depuis longtemps de source d’eau, de nourriture, de moyens de subsistance, d’espaces de vie et de loisirs et d’inspiration pour les habitants des régions rurales. Au Népal, le mouvement de la foresterie communautaire est enraciné plus profondément que nulle part ailleurs. L’approche népalaise à la foresterie communautaire évolue depuis près de 30 ans et vise à redonner aux habitants locaux le contrôle de la terre et des ressources qui entourent leurs collectivités.

La Fédération des utilisateurs des forêts communautaires au Népal (FECOFUN) est la principale organisation de revendication communautaire au pays. Elle est née de l’idée que les utilisateurs des forêts de partout au Népal devraient s’allier afin de renforcer leur rôle dans le processus d’élaboration des politiques. Chaque groupe d’utilisateurs des forêts communautaires (GUFC) possède sa propre constitution et ses plans d’exploitation, qui constituent un fondement juridique permettant au groupe de protéger, d’utiliser et de cultiver la terre, et de mettre en marché ses produits forestiers. Dans un pays qui continue de connaître un certain désordre civil, FECOFUN fait preuve de courage, d’innovation et de vision dans son approche à la foresterie communautaire.

Le Népal est un leader mondial qui a de nombreuses leçons à enseigner à tout organisme de défense des forêts communautaires, y compris un organisme de la Colombie-Britannique. En tant que directrice de la sensibilisation et des communications de la BC Community Forest Association du Canada (BCCFA), j’ai récemment visité le Népal afin d’apprendre de la FECOFUN et de partager l’expérience de la Colombie-Britannique.


Susan Mulkey
La rencontre des femmes qui travaillent en foresterie communautaire au Népal fut sans aucun doute le point saillant de ma mission. La constitution des groupes d’utilisateurs en foresterie communautaire stipule que 50% des membres de la direction doivent être des femmes. Cette exigence représente un défi pour les rôles de genres et pour le système de castes, qui constituent des facteurs limitatifs pour les femmes dans les traditions socioculturelles du Népal. Il était réellement inspirant de voir les contributions que les femmes arrivent à offrir à leurs collectivités, malgré les nombreux obstacles. J’ai rencontré des femmes qui avaient marché pendant deux jours pour se rendre à la réunion du conseil national de la FECOFUN à Kathmandu, soit plus longtemps que la durée de mon voyage en avion! Une autre femme m’a dit que son GUFC lui avait permis de gagner un peu d’argent pour elle-même, pour la première fois dans sa vie.

Les efforts visant à créer au Népal des forêts et entreprises certifiées par le Forest Stewardship Council (FSC) offrent aux habitants ruraux appauvris de nouvelles opportunités. Malgré les nombreux dons et le soutien de la part de professionnels à l’extérieur de la communauté, les efforts communautaires nécessaires pour obtenir la certification prennent énormément de temps et ne sont pas rémunérés. Même la Colombie-Britannique, qui fait pourtant partie d’un pays développé, ne possède qu’une seule forêt communautaire certifiée par le FSC.

La certification FSC de groupe au Népal n’en est qu’aux étapes initiales, mais elle promet d’améliorer les conditions des collectivités en réduisant les coûts de création d’entreprise et de vérification et en augmentant la probabilité d’atteindre un seuil critique de produits nécessaire pour une mise en marché efficace de ces produits. Bien qu’il reste beaucoup à faire pour accroître le nombre de forêts communautaires certifiées, les entreprises qui sont certifiées ont généré des avantages tangibles immédiats pour les personnes les moins privilégiées dans les collectivités participantes.
Susan Mulkey
La FECOFUN et la BCCFA sont les organismes chefs de file en foresterie communautaire dans leurs pays respectifs. En tant qu’organismes de revendication communautaire, ces associations partagent les mêmes défis en matière de leadership, d’établissement de consensus, de processus décisionnels, d’élaboration de politiques, d’élargissement du bassin de membres et de communication avec les membres. Les deux organismes tireront profit d’un programme continu de collaboration et de renforcement des capacités qui encourage le partage d’expériences et de pratiques exemplaires.

Conjointement avec la Global Alliance for Community Forestry, la FECOFUN et la BCCFA peuvent faire front commun lors d’événements nationaux et internationaux pour promouvoir et faire avancer de façon convaincante la distribution des droits aux collectivités qui dépendent des ressources forestières locales, en particulier dans les discussions prochaines sur le changement climatique. Une analyse comparative des expériences de foresterie communautaire dans les deux pays permettrait d’établir une solide fondation pour de futures activités de collaboration.

Mon premier voyage au Népal remonte à 1984. En 24 ans, grâce aux efforts des GUFC, de nombreux versants dénudés sont maintenant reboisés. Les habitants des régions rurales prouvent, par la structure des GUFC et leurs efforts de protection, que les valeurs environnementales, sociales et économiques peuvent coexister de façon harmonieuse dans les forêts locales.