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Volontaire

Au Sénégal - Fabrice Larue


Supporter la production locale de riz au Sénégal

Quand Fabrice Larue arrive au Sénégal en novembre 2007, il a comme mission la valorisation du riz local auprès des consommateurs sénégalais, qui souvent préfèrent le riz importé.

Mais dès janvier 2008, la crise alimentaire mondiale change la donne. Les prix montent en flèche – ils passent du simple au double sur une période de huit mois – et il faut changer de cap.

Travaillant avec une fédération de producteurs de riz du Sénégal, la Fédération des Périmètres Autogérés, M. Larue et deux autres volontaires canadiens appuient le renforcement organisationnel de la Fédération, l’intégration de principes de gestion environnementale ainsi que des mécanismes de commercialisation. En collaboration avec leurs vis-à-vis sénégalais, leurs efforts permettront aux producteurs de riz du Sénégal de non seulement mieux s’adapter à la période de crise alimentaire, mais aussi de maintenir et voire même d’augmenter leur production à la longue.

« Le respect du droit à l’alimentation me semble un prérequis indiscutable à tout changement social majeur », explique M. Larue. « Travailler directement avec des productrices et des producteurs assure, selon moi, que les revendications et les projets respectent et représentent la réalité de celles et ceux qui vivent de la terre et avec la terre »

M. Larue a été volontaire avec Uniterra, l’un des principaux programmes canadiens de volontariat international. Mené conjointement par le CECI (Centre d’étude et de coopération internationale) et l’EUMC (Entraide universitaire mondiale du Canada), les volontaires d’Uniterra œuvrent en partenariat avec les populations locales dans 13 pays. De part et d’autre, il y a partage de connaissance et d’expérience.

Comme en témoigne l’expérience de M. Larue, les résultats de cette coopération sont souvent très concrets et durables.

Le riz, explique M. Larue, est entré au Sénégal avec la colonisation française. Bien qu’il ne soit pas d’origine africaine, il est devenu avec les années un aliment national. Les Sénégalais consomment aujourd’hui en moyenne 74 kilos de riz par personne, par année. Et environ 80 % de ce riz est importé, ce qui rend le pays très vulnérable aux fluctuations de prix sur le marché mondial.



Les Sénégalais produisent du riz, mais avant la crise ils avaient tendance à préférer le riz importé, moins cher à la consommation – au point où le riz local pouvait pourrir en entrepôt, car les consommateurs ne l’achetaient pas.

La crise alimentaire a changé la situation en favorisant temporairement la vente du riz local – mais pas réussi à soulager l’état précaire des producteurs de riz, affaiblis par la difficulté qu’ils avaient jusqu’alors de commercialiser leur production. Endettés, ils avaient de la peine à trouver les crédits nécessaires pour augmenter la production face au nouveau contexte.

M. Larue et ses collègues ont travaillé avec la Fédération des Périmètres Autogérés pour faciliter l’accès des producteurs à des crédits agricoles pour les « intrants » de la production agricole, c’est-à-dire l’engrais et les semences, notamment.

Ils ont aussi accompagné la Fédération dans l’organisation d’une assemblée générale annuelle, où elle a pu actualiser ses textes statutaires, lui permettant ainsi de mieux faire face aux défis à venir.

« Chaque coopérant volontaire apporte une contribution ponctuelle et les chargés de programmes nationaux d’Uniterra assurent quant à eux le lien entre les mandats des volontaires et la continuité et la cohérence des interventions si cruciales à l’avancement des projets avec les organisations partenaires », ajoute-t-il.